Depuis la loi du 26 mai 2004, les causes et conséquences du divorce ont été dissociées, permettant à l'époux "coupable" de solliciter une prestation compensatoire en cas de divorce pour faute. Contrairement à l'ancien système qui constituait une sanction, l'époux aux torts exclusifs peut désormais obtenir cette prestation s'il existe une disparité à son détriment. Cependant, l'article 270 du Code civil prévoit une exception importante : le juge peut refuser d'accorder la prestation compensatoire si l'équité le commande et si les conséquences particulières de la rupture l'exigent. Parce qu’il constituait hier une sanction, le divorce pour faute prononcé aux torts exclusifs d’un époux l’empêchait d’obtenir quelconque versement d’une prestation compensatoire. Depuis la loi du 26 mai 2004 toutefois, les conséquences et les causes du divorce ont été complètement dissociées, de sorte que les conséquences d’un divorce pour faute sont en principes identiques à celles des autres divorces… à quelques exceptions près. Enfin, il est à noter que l’époux « innocent » qui obtient le divorce aux torts exclusifs de son conjoint peut, s’il en fait la demande, obtenir des dommages et intérêts sur deux fondements distincts, lesquels viendraient de fait s’ajouter au montant de la prestation compensatoire éventuellement fixée… ce qui n’est à l’évidence pas à négliger. Les jurisprudences illustrent cette possibilité : Épouse abandonnant sa famille pour une vie spirituelle sous l'emprise d'un "guide" Épouse délaissant complètement ses quatre enfants sans justifier d'efforts de formation ou d'emploi. Néanmoins si l’équité le commande et si les conséquences particulières de la rupture l’exigent, le juge peut refuser d’accorder une prestation compensatoire à l’époux aux torts exclusifs duquel le divorce a été prononcé et ce quand bien même toutes les conditions en seraient réunies.