Le divorce est en fait le révélateur de la fabrique à pauvreté qu'est le mariage pour les femmes.
Ce qu'on montre, c'est que c'est le mariage qui fabrique vraiment la précarité et que les femmes mariées, finalement, sont un peu des pauvres qui s'ignorent.
Ce qu'on voit, c'est qu'il y a une série de facteurs, notamment sociaux et juridiques, qui conduisent les femmes à s'appauvrir.
Par exemple, il y a une forme d'illusion d'égalité aujourd'hui avec la modernité qui maintient les couples dans des comportements individuels qui vont les amener à plutôt choisir des unions libres ou des régimes juridiques qui étaient moins protecteurs, moins distributifs de la richesse.
Et dans le mariage, les femmes, en fait, ne sont pas pour autant indemnes des inégalités qui traversent toute la société.
À écouter 7 minMaison contre pots de yaourtPendant le mariage, il y a une "invisible fragilisation économique des femmes".
Invisible parce que finalement, dans le couple et dans la sécurité du mariage, on ne se rend pas forcément compte dans l'organisation du couple des facteurs qui vont nous amener à être fragilisés.
C'est par exemple dans le cas de la répartition des dépenses, finalement, assez classiquement, le mari, les hommes vont faire les grandes dépenses, par exemple, assurer l'emprunt immobilier.
Quand les femmes, elles, vont assurer les petites dépenses et l'achat des yaourts, l'achat des couches.
Et donc, quand le divorce arrive, au moment de la séparation, monsieur a une maison et madame a des pots de yaourts.
Les grands choix patrimoniaux et d'investissement d'un côté, les choix du quotidien en matière de dépenses de l'autre.
On voit à quel point, au moment du divorce, c'est vraiment l'explosion de cette fabrique à pauvreté qui s'est faite dans le mariage.
20 % des femmes, par exemple, basculent dans la pauvreté au moment du divorce contre 8 % des hommes.
Les femmes mettent aussi beaucoup plus de temps à se remettre des conséquences économiques dans le divorce.
Au bout de deux ans, on voit que leur niveau de vie a baissé de 15 % versus 2 % pour les hommes.
Et ça, c'est aussi un sujet sociétal qui monte, qui est en fait la précarité et la pauvreté des femmes seules, des femmes chefs de familles monoparentales, qui atteint 34% lorsque leur taux de pauvreté atteint 34 %, lorsque le taux de pauvreté de la population générale est de 13 %.