Pour estimer la prestation compensatoire, il faut tenir compte de plusieurs éléments, notamment la durée du mariage, l’âge et l’état de santé des époux, leur qualification et leur situation professionnelles, ainsi que les conséquences des choix professionnels faits par l’un des époux pendant la vie commune. La prestation est fixée en fonction des besoins de l’époux à qui elle est versée et des ressources de l’autre, en tenant compte de la situation au moment du divorce et de l’évolution de celle-ci dans un avenir prévisible. Il n’existe pas de méthode unique pour calculer le montant de la prestation compensatoire, mais il existe trois méthodes de calcul qui sont souvent utilisées : la première méthode consiste à prendre pour base de calcul la pension alimentaire, la deuxième méthode consiste à prendre pour base de calcul la pension alimentaire et à multiplier le montant de cette dernière par douze, puis par la moitié des années de mariage, et la troisième méthode consiste à prendre pour base 20 % de la différence mensuelle de revenus. Cependant, ces méthodes ont une limite commune, elles se fondent exclusivement sur des éléments chiffrés, sans tenir compte de l’âge du créancier, de la durée du mariage, du nombre d’enfants et surtout des choix de vie faits par les époux pendant le mariage. Les juges prennent souvent ces méthodes de calcul comme point de départ, puis réajustent le montant obtenu afin de prendre en considération les critères humains. Il est recommandé de solliciter un notaire pour obtenir une estimation précise de la prestation compensatoire, car chaque divorce a ses propres spécificités. Le notaire peut aider à réaliser un audit patrimonial et à mettre en exergue les éléments non patrimoniaux, tels que les sacrifices professionnels de l’un des époux au profit de l’autre. La disparité dans les conditions de vie des époux du fait du divorce est appréciée sans tenir compte de l’importance du patrimoine commun, puisque celui-ci a vocation à être partagé de façon égalitaire.