Le principal intérêt du divorce pour faute réside dans la reconnaissance d’une responsabilité. Contrairement au divorce par consentement mutuel où les raison du divorce et donc les torts ne sont pas évoqués, le divorce pour faute établit un lien de cause à effet entre le comportement fautif d’un époux et la rupture du mariage. Cela peut représenter une forme de justice pour la partie lésée, qui souhaite voir reconnue officiellement la souffrance qu’elle a endurée. Ce type de divorce peut ainsi être perçu comme un acte réparateur. La décision de justice qui statue sur les torts peut avoir une portée symbolique très forte. Pour certaines personnes, surtout en cas de violences ou d’humiliations répétées, il est important que l’instance judiciaire reconnaisse et condamne moralement les agissements du conjoint fautif. Malgré la complexité de la procédure, le divorce pour faute peut avoir un intérêt psychologique fort. Pour certaines victimes, notamment dans des cas de violence conjugale ou de harcèlement moral, engager une telle procédure permet de se reconstruire. Faire reconnaître officiellement qu’elles n’ont pas été responsables de la rupture du mariage, qu’elles ont été victimes d’un comportement injuste, peut aider à tourner la page. Le divorce pour faute n’est pas un simple acte juridique : c’est aussi un acte moral, personnel et parfois politique. Il permet à une personne victime de manquements graves au contrat matrimonial de faire reconnaître son préjudice et de défendre ses intérêts. Son intérêt réside donc moins dans ses bénéfices matériels que dans la reconnaissance d’un tort et la possibilité, pour la personne lésée, de reprendre le contrôle de son histoire.