Il est légitime que les personnes en situation de pauvreté ne s’imposent pas un ascétisme qui, outre le fait de leur rendre la vie infernale, ne leur permettra pas de sortir de la pauvreté.
Les plus pauvres gèrent leur budget avec des stratégies rationnelles, compréhensibles et souvent en fait assez malignes.
Elles ne correspondent pas à une incapacité à se contrôler, mais répondent au contraire aux défis auxquels on fait face lorsque l’on est pauvre.
Gérer un budget minime pour nourrir la famille, payer les factures, prévoir les coups durs, calculer les aides éventuelles… cela vous développe de sacrées compétences.
Ces biens – acquis aux prix d’autres sacrifices – permettent pourtant de participer à la société, d’établir un lien avec les autres, de pouvoir se faire plaisir de temps en temps, d’être à même comme tout parent, de pouvoir faire plaisir à ses enfants et, surtout, de supporter la pauvreté et le sentiment d’injustice que peuvent ressentir les plus exclus.
Bien sûr, il ne s’agit pas de dire que toutes les personnes en situation de pauvreté ou de précarité gèrent bien leur budget.
Il faudrait comprendre lesquelles.
Spoilers : les pauvres ont aussi le droit de se faire plaisir !