Quand, dans un couple, l’un des partenaires commence à se cacher, à consacrer du temps à un ou une autre, même via l’ordinateur, il se désinvestit de l’espace intime.
Cela induirait de surcroit une sexualité très narcissique, car comme le précise le psychothérapeute, au final : On ne le fait qu’avec soi.
Les échanges de courriers électroniques avec une autre personne ont été jugés condamnables : "Attendu (…) que les 'mails' équivoques échangés (…) par l’épouse avec un certain nombre de correspondants masculins (…) établissent un manquement grave et renouvelé aux obligations du mariage".
Ainsi, même dans le cas d’une relation platonique, qui n’a pas donc pas été consommée charnellement, la loi a retenu ce "comportement juridiquement qualifiable d’infidèle".
Idem pour une inscription sur un site ou une application de rencontres.
Beaucoup d’utilisateurs/utilisatrices de sites de rencontres/pornographiques ne vont pas jusqu’à la concrétisation de leur tromperie.
Ils sont donc nombreux à estimer qu’il n’y a pas d’adultère commis puisque celui-ci n’est pas tangible, éprouvé physiquement.
Tant que la relation ne franchit pas l’écran, la tromperie n’est pas perçue comme véritable.
Malheureusement, c’est une thèse très bancale, les frontières entre ces deux mondes étant de plus en plus floues.
Au final, disons que tant que l’autre est au courant, qu’il/elle accepte et qu’il/elle ne souffre pas des écarts de son.sa partenaire, pas de souci !
Dans tous les autres cas : chater, c’est tromper.
On ne peut pas renier ses responsabilités au prétexte qu’il n’y a pas eu de rapports charnels, cela est clair.
Les échanges de vidéos, de photos ou de mails à caractère sexuel avec une autre personne que son.sa conjoint.e peuvent-ils être considérés comme une tromperie ?
La tromperie existe-t-elle uniquement lors de relations charnelles ?
Ou implique-t-elle aussi et surtout nos esprits et nos valeurs morales ?
Un conjoint commet-il un adultère si ce dernier est uniquement virtuel ?
C’est la jurisprudence qui a dû trancher (la définition d’adultère n’ayant pas pris en compte ces nouvelles problématiques).
En l’état, la réponse est oui.