Refuser des rapports sexuels ne peut pas être considéré par la justice comme une faute en cas de divorce.
La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France et a donné raison à la requérante, une Française de 69 ans dont le mari avait obtenu le divorce aux torts exclusifs de son épouse au motif qu’elle avait cessé d’avoir des relations sexuelles avec lui depuis plusieurs années.
La Cour rappelle que tout acte sexuel non consenti est constitutif d’une forme de violence sexuelle.
La Cour ne saurait admettre, comme le suggère le gouvernement français, que le consentement au mariage emporte un consentement aux relations sexuelles futures.
La décision de la cour d’appel de Versailles me condamnant était et est indigne d’une société civilisée car elle m’a refusé le droit de ne pas consentir à des relations sexuelles, me privant de ma liberté de décider de mon corps.
La requérante avait demandé le divorce en 2012, mais en 2019, la cour d’appel de Versailles avait prononcé le divorce aux torts exclusifs de l’épouse, retenant comme une « faute » son refus des « relations intimes avec son mari ».
L’épouse avait saisi la CEDH en 2021, soutenue par le Collectif féministe contre le viol et la Fondation des femmes, après que son pourvoi en cassation avait été rejeté.
La Cour a finalement tranché que le refus des rapports sexuels ne peut pas être considéré comme une faute en cas de divorce.