Tous les intervenants s'accordent sur un point : ce n'est pas le divorce en lui-même qui est destructeur pour l'enfant, c'est le niveau de conflictualité, voire de violence, entre les parents. L'enfant doit rester à sa place d'enfant, il ne peut pas être triangulé comme thérapeute conjugal. J'entends parfois qu'il y a de l'échec scolaire chez les enfants de divorcés. Je rétablis : bien sûr que ce n'est pas une bonne nouvelle de divorcer, mais si l'enfant est dans un climat serein qui lui permet de se concentrer, d'être motivé, il n'y aura pas d'échec scolaire. En revanche, si ça crie dans la maison, si les portes claquent, si maman vient le voir en pleurant, si papa s'énerve, le cerveau de l'enfant va être submergé par l'hypervigilance et les hormones de stress, et il va avoir des troubles de l'apprentissage. Un divorce, ça fait partie de la vie, c'est une rupture d'attachement, c'est difficile, ça vient casser le quotidien rassurant de l'enfant, mais si la relation de parents se perpétue de bonne façon, à ce moment-là, ce n'est pas un traumatisme pour l'enfant. Les invités de l'émission conseillent notamment aux parents de placer l'intérêt supérieur de l'enfant au cœur de leur séparation, de mettre de côté leur ego, les mesquineries sur l'argent, les mots disqualifiants sur l'autre parent et de rester une équipe parentale intelligente. Pour bien vivre la fin de l'illusion de l'amour éternel entre son papa et de sa maman, l'enfant a besoin de savoir deux choses. Tout d'abord que ses parents ne se séparent pas de lui, qu'ils l'aimeront toujours et qu'ils seront toujours présents pour lui. Mais également qu'il n'est en rien responsable de la situation : il ne peut ni séparer, ni réparer le couple parental. C'est extrêmement réparateur pour l'enfant que le parent ne soit jamais dans le déni, la minimisation, la méconnaissance de sa souffrance. La difficulté fait partie de la vie, mais quand l'entourage que vous aimez le plus nie votre souffrance, alors là, il y a un trauma.