Dans un régime de séparation de biens, chacun des époux conserve l'administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels, que les biens aient été acquis avant ou pendant le mariage. Chaque époux assume également les dettes qu’il a lui-même contractées, sauf cas particulier. Au cours du mariage, il arrive généralement aux époux d’acheter ensemble le domicile conjugal au moyen d’un crédit immobilier que les époux devront rembourser ensemble. Le bien acquis sera dit indivis. Ayant choisi comme contrat de mariage le régime de la séparation de biens, l’époux concerné pense pouvoir demander, au moment du divorce, le remboursement par l’autre époux de la quote-part des échéances du crédit immobilier qu’il a assumé à sa place durant le mariage. Or, cette créance, c’est-à-dire cette dette, se trouve généralement neutralisée par l’obligation de contribution aux charges du mariage de sorte que l’autre époux ne sera pas tenu de rembourser sa quote-part du crédit immobilier. La contribution aux charges du mariage est définie par le Code Civil comme étant une obligation découlant du mariage. Il en résulte que l’époux qui a remboursé le crédit immobilier sur ses seuls deniers ne pourra pas se prévaloir d’une créance à ce titre, ladite dépense étant considérée comme participant à son obligation de contribution aux charges du mariage. Si le remboursement des échéances de l’emprunt est considéré comme une contribution aux charges du mariage, la Cour de Cassation, notamment dans son arrêt du 17 mars 2021, a précisé que « sauf convention contraire des époux, l’apport en capital de fonds personnels, effectué par un époux séparé de biens pour financer la part de son conjoint lors de l'acquisition d’un bien indivis affecté à l’usage familial, ne participe pas de l’exécution de son obligation de contribuer aux charges du mariage ».