Même si vous ne partagez plus la même salle de bain, la loi ne vous considère pas comme des inconnus. Tant que vous êtes mariés, les devoirs conjugaux restent en vigueur. Cela comprend : Le devoir de fidélité, même si l’un de vous vit chez sa mère et l’autre dans un studio au bout de la rue. Le devoir d’assistance et de secours : il est toujours possible que l’un doive financièrement aider l’autre en cas de coup dur. Le devoir de contribution aux charges du mariage, c’est-à-dire participer ensemble aux dépenses liées au quotidien familial, selon vos capacités respectives. Une séparation de fait ne suspend pas automatiquement ces obligations. Les conséquences patrimoniales d'une séparation de fait : Lorsque vous êtes séparés de fait, votre régime matrimonial continue de produire ses effets. Ainsi : Si vous êtes mariés sans contrat (régime légal de la communauté), tous les revenus continuent d’être considérés comme communs. Même si vous travaillez et gérez vos finances chacun de votre côté. Vous restez solidaires des dettes ménagères, même si vous n’habitez plus ensemble. Une facture EDF ou un crédit contracté pour les besoins de la famille ? Elle engage toujours les deux conjoints. Et les enfants dans tout ça ? Si vous avez des enfants, la séparation de fait ne modifie pas l’exercice de l’autorité parentale, qui reste conjointe. Le logement familial : un enjeu sensible : qui reste dans le logement ? S’il s’agit du domicile conjugal, la réponse n’est pas toujours "celui qui a les clés". En réalité : Aucun des époux ne peut expulser l’autre sans son consentement, sauf autorisation judiciaire. Peut-on officialiser la séparation sans divorcer ? Oui, et c’est même parfois recommandé.