Un maire peut-il s’opposer à un mariage ?
L’article 63 du Code civil lui permet de vérifier que les conditions de validité du mariage projeté sont réunies.
L’obligation de publication des bans dix jours avant la date du mariage a justement pour objectif que d’éventuels empêchements puissent être révélés.
De plus, depuis 2021, une audition par l’officier d’état civil peut avoir lieu avant la publication des bans dès lors que l’officier d’état civil suspecte un mariage simulé.
A l’issue de cette audition, en cas de doute sérieux quant aux intentions des futurs conjoints, le ministère public peut être saisi.
Ce dernier, et lui seul, peut alors former opposition dans les quinze jours.
L’opposition au mariage permet de suspendre la célébration d’un mariage, pour éviter a posteriori l’annulation du mariage.
Il peut aussi diligenter une enquête, la célébration du mariage étant alors suspendue le temps de cette enquête.
En revanche, le code civil ne prévoit pas de cas où l’officier d’état civil lui-même s’opposerait à la célébration du mariage.
Il ne peut qu’alerter le ministère public en cas de suspicion, et ne peut, à lui seul, s’opposer à la célébration du mariage.
L’obtention d’un maire malgré l’aval du procureur peut être “puni(e) de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende” d’après l’article 432-1 du code pénal.
Le mariage n’est pas valable en cas d’absence de consentement de l’un des époux, ou en cas de consentement non conforme, par exemple lorsque le seul objectif est de bénéficier de certains effets secondaires du mariage.
La Cour de cassation a ainsi affirmé qu’un consentement libre et exempt de tout vice est nécessaire pour la validité d’une union matrimoniale : les mariages simulés ou fictifs ayant comme seule intention un but étranger à l’union matrimoniale sont nuls.
Dans le cas qui nous intéresse, le mariage n’est pas valable lorsque le couple n’entend pas vivre ensemble mais seulement bénéficier de certains effets du mariage tels que l’obtention de la nationalité ou d’un titre de séjour.