Les juridictions civiles ont toujours eu une position très claire sur la question de savoir si des enregistrements de conversations privées pouvaient être utilisées dans le cadre d’une procédure en divorce par exemple ou d’une demande de mesure de protection. Un enregistrement d’une discussion privée était considéré comme une preuve déloyale s’il avait été fait sans le consentement des participants. Ainsi, l’enregistrement de conversations téléphoniques à l’insu de la personne enregistrée constituait un procédé déloyal rendant irrecevable en justice la preuve ainsi obtenue. Les juges devaient rechercher si la personne enregistrée avait donné son consentement à cet enregistrement.
Dans un arrêt récent, la Cour d’Appel de PARIS a estimé le 23 mars 2021, que les enregistrements provenant d’une discussion entre l’épouse et le frère de son époux, tiers au litige opposant les époux, ne pouvaient être reconnus comme moyen de preuve des violences alléguées par l’épouse.
Si le principe veut que les enregistrements de conversations privées soient considérés comme un moyen de preuve déloyale, une exception est en train de naître au profit des victimes de violences psychologiques qui peinent souvent à prouver les agissements de l’époux(se).
Les enregistrements de conversations privées ayant eu lieu entre époux dans la sphère de leur intimité peuvent être admis comme moyen de preuve recevable à la condition que leur production en Justice soit indispensable à l’exercice du droit de la preuve et proportionné à l’objectif recherché, à savoir la démonstration de violences physiques, psychologiques ou encore sexuelles ou économiques.