Un compte-joint dans un couple est souvent la première étape de l’organisation financière du couple. Les principales dépenses du ménage seront centralisées sur ce compte-joint où chacun des époux aura le même pouvoir de gestion de manière autonome. Juridiquement, le compte-joint est donc un moyen pour chacun des époux de contribuer aux charges du mariage.
L'obligation pour chaque époux de contribuer aux charges du mariage est prévue par l'article 214 du Code civil : « si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives ».
Pour autant, la notion de charges du mariage ne se résume pas à celle de dettes ménagères, et la contribution dépasse le domaine de la solidarité visée par l'article 220 du Code civil : les dépenses nécessaires et ordinaires, telles que celles concernant la nourriture, le logement (loyer, factures d’eau, factures d’électricité, etc…) ; l’habillement, les soins médicaux, les frais de déplacement, les frais de scolarité des enfants, les primes d'assurance ; les dépenses qui relèvent du train de vie de chaque couple marié, et donc les dépenses d'agrément et de loisirs.
La participation aux charges du mariage dure autant que dure le mariage : seul le divorce ou le décès de l'époux mettra un terme à cette obligation. En pratique, il faudra donc continuer à alimenter le compte-joint pour payer les crédits ou les charges afférentes à un bien immobilier qui sont directement prélevés dessus (échéances du crédit immobilier, taxes foncières, etc…).
Une fois le divorce prononcé, cette obligation prend fin. Cependant, il ne faudra pas oublier que les époux restent solidaires du compte-joint. Il faudra donc après le divorce et une fois le régime matrimonial liquidé, contacter votre banque pour mettre un terme à cette solidarité.