Lors de la liquidation du régime matrimonial, le mécanisme des récompenses permet de rétablir l’équilibre entre le patrimoine commun et les patrimoines propres des époux.
Toutes les fois que la communauté tire profit d’un bien propre d’un époux, c’est-à-dire qu’elle s’enrichit au détriment du patrimoine propre de l’un des époux, elle doit l’indemniser, on parle de récompense.
A l’inverse si c’est le patrimoine propre de l’un des époux qui s’est enrichi, il doit indemniser la communauté.
C’est à la dissolution de la communauté que les comptes sont effectués.
Quelques hypothèses de récompenses dues par la communauté à un époux : Acquisition d’un bien commun avec les fonds issus d’une donation faite à l’un des époux.
Dettes communes acquittées grâce à une épargne constituée avant le mariage ou aux fonds perçus lors d’une succession par l’un des époux.
Encaissement de fonds propres ou provenant de la vente d’un bien propre par la communauté.
Attention, pour que le simple dépôt des fonds propres sur un compte bancaire puisse fonder un droit à récompense, il faut que la communauté en ait tiré profit.
La Cour de cassation l’a rappelé dans un récent arrêt du 6 novembre 2019.
Dans le cadre d’un conflit relatif à la liquidation et au partage de la communauté post-divorce, il a été jugé que la communauté devait récompense au mari du seul fait du versement sur le compte commun par ce dernier des arrérages de la rente qui lui avait été allouée au titre d'une incapacité permanente.
Comment prouver que la communauté a tiré profit de fonds propres déposés sur un compte au nom de l’époux à qui ils appartiennent ?
Le profit tiré par la communauté n’est pas présumé, il faut le prouver.
L’époux qui demande la récompense doit donc prouver que la communauté a tiré profit de ces fonds en les utilisant dans son intérêt.
Cass. 1e civ. 8-11-2005 n° 03-14.831.
Pour exemple : dépenses courantes de la famille, entretien des enfants, paiement des dettes communes...
En revanche, si l’autre époux prouve que les fonds ont été utilisés dans l’intérêt personnel de l’époux propriétaire, alors aucune récompense n’est due.