La séparation de patrimoine s’applique de droit, c’est-à-dire sans formalité spécifique.
Grâce à elle, le patrimoine personnel du chef d’entreprise bénéficie d’une protection contre les créanciers de l’entreprise.
De leur côté, les créanciers personnels du chef d’entreprise ne peuvent, en principe, s’attaquer qu’à son patrimoine personnel.
S’il n’est pas suffisant, ils peuvent toutefois, sous certaines conditions, appréhender une partie du patrimoine professionnel dans la limite du bénéfice dégagé lors du dernier exercice comptable.
La déclaration d’insaisissabilité, établie obligatoirement par un notaire, permettait à l’entrepreneur de protéger ses biens immobiliers non affectés à l’exercice de l’activité professionnelle, autres que la résidence principale, contre l’action de ses créanciers professionnels.
L’entrepreneur pouvait se prévaloir de l’insaisissabilité uniquement pour les actions effectuées par les créanciers dont la créance était postérieure à la déclaration.
Le passage en EIRL permettait d’affecter les éléments du patrimoine dédié à l’exercice de l’activité professionnelle à un patrimoine dit d’affectation.
Un découpage était opéré entre les biens affectés à l’activité professionnelle et les biens personnels.
Le passage en société avec responsabilité limitée au montant des apports, de type EURL ou SASU, permettait – et permet toujours – à l’entrepreneur individuel de créer une entité juridique qui sera propriétaire du patrimoine professionnel.
L’entrepreneur conserve son patrimoine personnel et place son patrimoine professionnel dans la société créée, sous la forme d’un apport ou d’une cession de fonds de commerce.
En cas de poursuite des créanciers professionnels, seul le patrimoine appartenant à la société peut être visé.