Le divorce pour faute est défini par l’article 242 du Code civil. Il peut être demandé par l’un des époux lorsque l’autre a commis une ou plusieurs fautes constituant une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune. Ces fautes peuvent être d’ordre moral, physique ou matériel. Les obligations du mariage sont notamment la fidélité, le respect, le secours et l’assistance, et la cohabitation. Ainsi, des comportements tels qu’une infidélité notoire, les violences conjugales, les injures graves ou encore des manœuvres financières malhonnêtes peuvent constituer des fautes. L’article 266 du Code civil prévoit la possibilité pour un époux de réclamer des dommages et intérêts lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l’autre conjoint. Cette indemnisation vise à réparer le préjudice moral causé par le comportement fautif du conjoint. Il peut s’agir, par exemple, de préjudices liés à des violences, à une infidélité notoire ou à une conduite dégradante. Le divorce pour faute n’est pas un simple acte juridique : c’est aussi un acte moral, personnel et parfois politique. Il permet à une personne victime de manquements graves au contrat matrimonial de faire reconnaître son préjudice et de défendre ses intérêts. S’il peut être coûteux, long et éprouvant, il constitue parfois la seule voie acceptable pour sortir dignement d’un mariage douloureux. Son intérêt réside donc moins dans ses bénéfices matériels que dans la reconnaissance d’un tort et la possibilité, pour la personne lésée, de reprendre le contrôle de son histoire.