La situation d'enfant de divorcés s'est banalisée et est sans doute mieux acceptée socialement, ce qui pourrait donner à penser que les effets du divorce se seraient atténués et ne perturberaient plus de la même façon les scolarités.
Mais la réalité est tout autre.
La proportion d'enfants vivant une transition familiale ne cesse d'augmenter.
Un mineur sur quatre voit ses parents se séparer.
Les écarts de réussite se sont maintenus entre les enfants qui ont connu la désunion des parents avant leur majorité et ceux qui en ont été préservés.
Quel que soit le milieu social et culturel d'origine, la séparation des parents avant la majorité de l'enfant réduit la durée de ses études de six mois à plus d'un an en moyenne.
Contrairement aux idées reçues, toutes les catégories sociales sont concernées.
En milieu populaire, le divorce ou la séparation des parents réduit la chance des enfants d'accéder à un premier diplôme et d'obtenir le baccalauréat.
Dans les milieux favorisés, ce sont les études supérieures qui en pâtissent.
L'auteur de l'étude, le sociodémographe Paul Archambault, mesure notamment l'impact du divorce sur le taux d'échec au bac, qui peut passer du simple au double, selon que les parents sont séparés ou pas.
Il constate aussi que la séparation des parents avant la majorité réduit la durée des études de six mois à plus d'un an en moyenne, quelle que soit l'origine socioculturelle.
Les enfants d'ouvriers, eux, voient leurs chances d'accéder au second cycle quasiment réduites à néant en cas de dissociation familiale.
Paul Archambault n'a pas statistiquement constaté d'effet immédiat des séparations parentales - comme le redoublement l'année du divorce - mais plutôt un impact sur le long terme, sur le cursus de l'élève : sortie du système scolaire sans diplôme, obtention du baccalauréat, de diplômes de l'enseignement supérieur, durée totale des études.