Le parent qui refuse la garde alternée et souhaite obtenir la garde exclusive de ses enfants doit prouver au juge aux affaires familiales que l’autre parent est incapable de remplir ses obligations de parents. Le juge décide in fine du mode de garde en fonction des arguments du parent qui refuse la garde alternée et de l’intérêt des enfants. Ce qui signifie que la garde alternée peut être refusée par le juge aux affaires familiales même si les preuves apportées par le parent concernant l’incapacité de l’autre parent ne sont pas valables. Il peut donc être amené à refuser la garde alternée, même lorsque les deux parents désirent tous deux ce mode de garde, lorsque les parents ne s’entendent pas suffisamment bien ou que les résidences des deux parents sont trop éloignées géographiquement. Parfois l’un des parents souhaite la garde alternée, mais l’autre pas. Le juge aux affaires familiales ne voit pas toujours d’un très bon œil la garde alternée, contrairement au législateur qui lui tente de généraliser ce mode de garde et au sens commun qui y voit le mode de garde le plus juste. En effet, la garde alternée peut nuire à l’intérêt des enfants en leur imposant un rythme de vie trop difficile notamment. Il y a refus de la garde alternée par définition lorsqu’un des parents la souhaite. Dans certaines situations, la garde alternée ne peut pas être accordée, que ce soit par le juge aux affaires familiales, le juge d’appel ou le juge de cassation.
Par exemple lorsque les enfants sont en bas âge.
Si le juge est d’accord sur le principe de la garde alternée mais que les deux parents sont en désaccord, il peut aussi inviter les parents à trouver un terrain d’entente en leur proposant par exemple une médiation familiale.
Il peut aussi ordonner aux parents à titre provisoire, pour une durée maximale de 6 mois, la garde alternée : au bout le délai passé, le juge reçoit à nouveau les parents et statue définitivement.
Le parent qui souhaite la garde alternée mais qui se la voit refusée par le juge ou par l’autre parent doit savoir qu’il peut bénéficier d’un droit de visite et d’hébergement élargi.
Un droit de visite et d’hébergement élargi permet parfois au parent qui n’a pas la garde des enfants de l’héberger presque 40% du temps.
Donc, en cas de refus de la garde alternée, plutôt que de s’obstiner à l’obtenir par tous les moyens possibles, il peut être plus judicieux et stratégique de négocier un droit de visite et d’hébergement élargi.