En cas de décès ou séparation, à qui appartient le bien construit sur le terrain? La loi française est très claire sur cette question : même si la communauté a financé l’ensemble de la construction de la maison, celle-ci n’appartiendra qu’au seul époux propriétaire du terrain. Si vous avez participé à la construction par un apport ou emprunt bancaire, vous bénéficierez d’une indemnité nommée « récompense », proportionnelle à votre investissement dans l’opération. En effet, en cas de divorce ou de décès, le conjoint non-propriétaire du terrain percevra une somme correspondant à la valeur de la construction (en fonction de la plus-value générée). Exemple : M. et Mme Montoit ont fait construire une maison sur un terrain donné à Madame par ses parents il y a quelques années. La valeur actuelle du bien (terrain + maison) est de 260 000 €. Le terrain est estimé à 90 000 €. On retire la valeur du terrain à l’ensemble, soit 260 000 – 90 000 = 170 000 €, cela permet d’obtenir la valeur du bien construit. Ainsi, Madame doit verser à Monsieur 170 000 / 2, soit 85 000 € en guise de « récompense » à M. Montoit en cas de divorce. Dans le cas d’un divorce, si Madame n’envisage pas de vendre la maison, elle peut ne pas être en mesure de verser la récompense à Monsieur. Cette situation peut rapidement devenir conflictuelle surtout si le conjoint non-propriétaire du terrain attend l’argent de la vente pour pouvoir se réinstaller dans un nouveau logement. Pour éviter un tel scénario, Me Pierre-Yves Gourlay, notaire chez Notaires Office, suggère de « faire le point en amont pour identifier les problématiques et trouver des solutions, que cela concerne un projet de construction ou un bien déjà construit. »