La séparation des parents pourrait-elle affecter les chances de l’enfant d’obtenir un diplôme universitaire. En étudiant le divorce dans quatorze pays, Fabrizio Bernardi et Jonas Radl ont étudié les conséquences à long terme du divorce sur la scolarité de l’enfant et ont découvert un effet négatif, bien que relativement faible, sur la réussite scolaire.
Avec les données de l’Enquête Générations et Genres, les auteurs ont trouvé qu’en moyenne, les chances d’obtenir un diplôme universitaire sont de sept points inférieurs pour ceux ayant des parents divorcés que pour ceux dont les parents sont encore en couple.
L’impact du divorce est cependant beaucoup moins important que l’impact du milieu socio-économique des parents.
Comme le montre le graphique 1, les enfants dont les parents ont un faible niveau d’études ont moins de 53 points de chances d’obtenir un diplôme universitaire que ceux dont les parents ont suivi un enseignement supérieur, et moins de 22 points de chances que ceux dont les parents ont terminé l’enseignement secondaire supérieur.
Cette pénalité n’est pas uniforme et varie selon le milieu socio-économique.
Sur le graphique 2, on peut voir que le divorce des parents tend à porter préjudice davantage aux enfants dont les parents ont un niveau d’enseignement supérieur.
Pour les enfants provenant des familles avec un faible niveau d’études, les chances d’aller à l’université sont plus faibles dès le départ et un divorce ne semble pas faire de vraie différence.
Si l’on regarde le graphique 2 sous une autre perspective, nous pouvons également voir que le degré d’inégalités selon le milieu social est plus important parmi les familles intactes que parmi les familles divorcées.
Les effets de la séparation des parents sur l’enfant s’avèrent être indépendants des taux de divorce des différents pays.
Lorsque l’on s’intéresse aux caractéristiques des systèmes éducatifs, les résultats montrent que dans les pays où la sélection à l’école se fait à des jeunes âges, comme en Allemagne et en Autriche, les divorces semblent avoir davantage de conséquences négatives pour les enfants dont la mère a un faible niveau d’enseignement.