Si l’un des indivisaires refuse de vendre, les autres indivisaires peuvent demander la vente du bien par licitation.
L’article 815-5-1 du Code civil permet aux indivisaires qui représentent au moins les deux tiers des droits indivis de vendre le bien immobilier, malgré le refus d’autres indivisaires.
Le ou les indivisaires devront choisir un notaire qui notifiera le projet d’intention de vendre à tous les indivisaires.
Tout indivisaire pourra faire opposition à la vente ou au partage, dans le délai de 3 mois qui suit la notification.
Passé ce délai, les indivisaires qui souhaiteront vendre devront assigner le récalcitrant devant le tribunal judiciaire.
La vente s’effectuera par la licitation, c’est-à-dire par vente aux enchères publiques.
Une fois saisi, le tribunal ordonnera soit l’ouverture des opérations de compte, liquidation et partage en désignant un Notaire afin d’élaborer l’acte de liquidation et/ ou partage, la vente aux enchères judiciaires du bien indivis au travers de la procédure de licitation, si elle est demandée, lorsque le bien est difficilement partageable.
La licitation judiciaire interviendra également si elle est demandée lorsque le Notaire désigné n’aura pas réussi à mettre d’accord les parties.
Le bien sera ensuite vendu aux enchères judiciaires.
Une fois le bien vendu, le juge désignera un notaire pour réaliser les opérations de partage.
Les sommes qui en seront retirées seront portées à l’actif à partager et seront utilisées pour payer les dettes et charges de l’indivision.
L’article 1686 du Code civil définit la licitation comme étant la vente aux enchères judiciaire d’un bien indivis non-partageable en nature, en vue d’en répartir le prix entre coindivisaires.
Il est nécessaire de souligner que la licitation n’est accordée qu’en cas de réel blocage.
En effet, les biens sont en général cédés à un prix inférieur à leur valeur et la procédure s’avère longue et onéreuse.
Cet article permet à un indivisaire de saisir le tribunal aux fins de demande d’expulsion d’un coindivisaire occupant sans droit ni titre un immeuble indivis.
Pour que l’expulsion soit ordonnée, il faudra réussir à prouver que le coindivisaire occupe le bien privativement les lieux.
Il faudra également justifier qu’il existe un trouble manifestement illicite.
La jurisprudence a notamment considéré que le défaut d’entretien du bien, le refus de vendre d’un coindivisaire sans raison et l’entrave à la procédure de licitation, constituait un trouble manifestement illicite permettant d’ordonner l’expulsion de l’occupant sans droit ni titre.