S’il s’avère que l’indivisaire refuse toute vente ou sortie amiable de l’indivision, il faudra recourir à la procédure contentieuse qui est la suivante.
Le ou les indivisaires devront choisir un notaire qui notifiera le projet d’intention de vendre à tous les indivisaires.
Tout indivisaire pourra faire opposition à la vente ou au partage, dans le délai de 3 mois qui suit la notification.
Passé ce délai, les indivisaires qui souhaiteront vendre devront assigner le récalcitrant devant le tribunal judiciaire.
La vente s’effectuera par la licitation, c’est-à-dire par vente aux enchères publiques.
Il est nécessaire de souligner que la licitation n’est accordée qu’en cas de réel blocage.
En effet, les biens sont en général cédés à un prix inférieur à leur valeur et la procédure s’avère longue et onéreuse.
L’article 815-5-1 du Code civil permet aux indivisaires qui représentent au moins les deux tiers des droits indivis de vendre le bien immobilier, malgré le refus d’autres indivisaires.
Les indivisaires ont alors l’obligation d’informer celui ou ceux qui n’ont pas pris part à la décision.
La vente ou la licitation d’un bien occupé peut être compliquée et va faire baisser considérablement le prix de vente.
L’article 815-9 du Code civil permet à chaque indivisaire d’user et de jouir des biens indivis, dans la mesure compatible avec le droit des autres indivisaires.
Cet article permet à un indivisaire de saisir le tribunal aux fins de demande d’expulsion d’un coindivisaire occupant sans droit ni titre un immeuble indivis.
Pour que l’expulsion soit ordonnée, il faudra réussir à prouver que le coindivisaire occupe le bien privativement les lieux.
Il faudra également justifier qu’il existe un trouble manifestement illicite.
La jurisprudence a notamment considéré que le défaut d’entretien du bien, le refus de vendre d’un coindivisaire sans raison et l’entrave à la procédure de licitation, constituait un trouble manifestement illicite permettant d’ordonner l’expulsion de l’occupant sans droit ni titre.