L’amendement n°1-3028 au projet de loi de finance pour 2025 déposé le 19 octobre 2024 par Madame RIXAIN, va peut-être réparer une inégalité pour les bénéficiaires d’une prestation compensatoire.
Dans un divorce, pour compenser les inégalités économiques entre deux ex-époux, le juge peut condamner une partie à verser à l’autre une prestation compensatoire.
Celle-ci prend la forme d’un capital versé en une fois ou sur une période inférieure à 12 mois, ou un capital versé sur une période supérieure à 12 mois.
L’amendement au Projet de Loi de Finance pour 2025 consisterait à prévoir une exonération d’impôt pour le bénéficiaire même lorsque le versement est réalisé sur une période de plus de 12 mois.
L’ex-époux débiteur bénéficie d’une réduction d’impôts égale à 25% des sommes versées dans la limite de 30.000,00 €, tandis que l’ex conjoint bénéficiaire de la prestation n’est pas imposé sur cette somme reçue dans le cas d’un versement inférieur à 12 mois.
Dans le cas d’un versement supérieur à 12 mois, l’ex-époux débiteur bénéficie seulement de la possibilité de déduire les versements de son revenu imposable, et le bénéficiaire est imposé sur les sommes reçues, ce qui créée une différence de traitement fiscal pour le bénéficiaire.
Le débiteur de la prestation compensatoire n’a pas vraiment un choix pour verser une prestation compensatoire, c’est le juge qui fixe les modalités de versement de la prestation compensatoire dans son jugement de divorce.
Si le juge prévoit un versement en capital et que le versement intervient sur une période supérieure à 12 mois, du seul fait du débiteur pour échapper à ses obligations ou appauvrir son ex conjoint, il se verrait non seulement privé du bénéfice de la réduction fiscale, mais l’ex époux créancier mis devant le fait accompli ne sera pas assujetti à l’impôt.